Tournesol agronomie & environnement
Le tournesol Helianthus annuus L. appartient
à la famille des composées. C'est une plante de grande culture connue
pour sa rusticité et ses aspects économes en intrants comme en eau.
Facile à cultiver, le tournesol est également apprécié pour sa beauté
et contribue à l'agrément des paysages ruraux en période estivale.
Doté de qualités agronomiques et environnementales, il a toute sa
place dans une agriculture performante et citoyenne.
Économe en eau, en produits
phytosanitaires et en azote, la culture
du tournesol est une culture de printemps rustique, facile
et peu coûteuse à produire. Dotée d'atouts agronomiques majeurs,
elle optimise la rentabilité des céréales en restructurant le
sol, en interrompant le cycle des maladies et en limitant le
développement des adventices du blé. Le tournesol contribue
ainsi à l'équilibre des rotations.
En favorisant la biodiversité, le
tournesol participe grandement à l'attrait
des paysages. Il reste une pièce maîtresse de l'agriculture
durable. |
Une culture préservant les ressources en eau
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Capable de s'adapter à la sécheresse, tout en restant
productif, le tournesol est cultivé sans irrigation. Cette culture
a en effet l'avantage de mieux valoriser l'eau que les autres cultures
d'été plus gourmandes en ressources hydriques au moment des grosses
chaleurs.
1.1 Un appareil racinaire
performant
Le tournesol est doté d'une longue racine pivotante
capable d'aller explorer les profondeurs du sol. Lorsqu'elle ne rencontre
pas d'obstacle, elle peut venir puiser l'eau et les éléments nutritifs
situés à 2 mètres de profondeur. L'appareil racinaire du tournesol
exploite en fait les ressources hydriques disponibles dans chaque
horizon du sol : les performances de ses racines sont supérieures
à celles du blé et du soja.
1.2
Une culture capable de diète hydrique
La feuille de tournesol est dotée de nombreux stomates
de grande taille ayant la particularité de rester ouverts même lorsque
l'air est faiblement humide. En cas de grande disponibilité hydrique,
l'efficience de l'eau mesurée par le rapport : carbone assimilé sur
eau perdue par transpiration, est alors médiocre. Mais lorsque les
ressources en eau sont limitées, le tournesol est malgré tout capable
de poursuivre sa production de matière sèche bien plus longtemps que
les autres cultures. Son rendement en graines maximum est atteint
lorsque seulement 70 % de ses besoins en eau sont couverts.
En l'absence d'irrigation, des études ont montré
que le rendement du tournesol n'était pénalisé que de 34 %, alors
que le soja, le maïs et le sorgho souffraient bien d'avantage, avec
des pertes pouvant atteindre les 80 %. Le tournesol bénéficie en fait
d'une forte capacité photosynthétique (intermédiaire entre les plantes
en C3 et les plantes en C4) lui permettant d'assimiler beaucoup de
carbone sous forme de CO2.
Les conséquences d'un stress hydrique sur le rendement
de la culture dépendent du stade de développement de la plante. Il
est plus préjudiciable au moment de la floraison et du remplissage
des graines que pendant les autres périodes. La plante s'adapte aux
disponibilités en eau par une réduction de sa surface foliaire :
- Si un manque d'eau apparaît au début du développement de la plante,
la croissance des feuilles est modérée et le nombre de feuilles
est réduit.
- S'il apparaît tardivement, les feuilles fanent plus rapidement,
réduisant ainsi la surface foliaire globale.
1.3. L'effet dopant d'une
sécheresse modérée
Des conditions de sécheresse modérée au cours de
la phase végétative peuvent même se révéler bénéfiques. Elles provoquent
en effet chez la plante un mécanisme d'endurcissement lui permettant
de mieux tolérer d'éventuels stress hydriques ultérieurs.
En cas de réduction des ressources hydriques, la
plante ferme progressivement ses stomates tandis que la photosynthèse
se poursuit quelques temps. Pendant cette période, la plante valorise
davantage l'eau et peut produire jusqu'à 4,5 grammes de matière sèche
par litre d'eau consommé au lieu de 2,5. En effet, quand la plante
a le temps de s'acclimater au stress hydrique, certains phénomènes
métaboliques se mettent en place, aboutissant à un meilleur remplissage
des graines. Même si la quantité de matière verte est réduite, le
poids de graine par plante reste conservé grâce à une meilleure redistribution
des métabolites des organes végétatifs vers les graines. L'indice
de récolte est alors plus élevé : il peut atteindre 35 % de la biomasse
totale sous forme de graines, au lieu des 25 % souvent observés chez
le tournesol.
1.4. Des besoins en eau raisonnables
En conditions de culture optimales, le tournesol
a besoin en moyenne de 420 mm d'eau issus du ciel, de la terre. ou
de l'agriculteur. lors d'un parcours de croissance idéal :
- 160 mm d'eau doivent être apportés au moment de la phase végétative,
- 70 mm lors de la floraison,
- 160 mm en fin de cycle.
Le CETIOM conseille de raisonner l'irrigation du
tournesol suivant la quantité d'eau disponible dans le sol et suivant
l'état de la culture au stade " bouton ". Ces observations permettent
d'ajuster les doses à apporter qui peuvent aller de 0 à 180 mm, suivant
les sols et les années.
A condition d'éviter tout stress hydrique sévère
au moment de la phase critique de floraison, le tournesol s'adapte
bien à la sécheresse. C'est aujourd'hui un véritable atout car, de
nos jours, la gestion de l'eau devient une préoccupation importante
et la réglementation vis à vis des ressources hydriques tendra probablement
à se durcir dans l'avenir.
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Photothèque
Maïsadour Semences




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Une culture économe en engrais azotés
et en produits phytosanitaires
Grâce à son système racinaire performant, le tournesol
est capable de mobiliser les reliquats d'azote minéral présents dans
les couches profondes du sol. L'absorption de l'azote du sol commence
en effet à être significative quand le développement de la culture
atteint le stade " 6 feuilles " et elle peut se poursuivre jusqu'à
la fin de la floraison.
2.1 De faibles besoins en azote
À partir du stade " bouton ", une carence en azote
peut être préjudiciable au rendement en diminuant le nombre de graines
formées. Jusqu'au début de la floraison, l'azote est essentiellement
stocké dans les feuilles et les tiges pour venir s'accumuler ensuite
dans les graines. Des expérimentations menées par le CETIOM ont montré
qu'en conditions optimales, pour un potentiel de rendement allant
jusqu'à 30 q/ha, les besoins en azotes sont de l'ordre de 4,5 unités
d'azote par quintal de graines produites. Dans ces conditions, les
besoins du tournesol n'excèdent pas 150 unités.
Attention aux excès ! En cas de sur-fertilisation
azotée, la plante fera plus de feuilles mais pas nécessairement plus
de graines. Cette exubérance foliaire attire par ailleurs les parasites
et les maladies (telles que le sclérotinia, le phomopsis et le botrytis)
et accentue le risque de verse. Ces facteurs peuvent alors sévèrement
affecter le rendement. Un excès d'azote retarde par ailleurs la maturité
et provoque une baisse de la teneur en huile.
2.2
Héliotest: pour raisonner la fertilisation azotée
Le CETIOM s'est forgé une véritable expertise en
matière de fertilisation azotée du tournesol. Fruit de ces nombreux
travaux, la méthode des bandes azotées est un tout nouvel outil d'aide
à la décision permettant d'ajuster la fertilisation en cours de végétation.
Il a été testé durant toute l'année 2001 par des agriculteurs et des
techniciens.
Le principe est simple : il consiste à fertiliser
une bande de parcelle au moment du semis (sur une ou deux largeurs
d'épandeur à engrais). Une différence de coloration entre la bande
azotée et le reste de la parcelle témoigne alors d'un éventuel besoin
en azote. Si cette différence de coloration apparaît tôt, un apport
d'azote devra être réalisé sur l'ensemble de la parcelle. La fertilisation
est en revanche inutile lorsque la différence de coloration est invisible
ou apparaît tardivement.
Ce test d'aide à la décision, baptisé Héliotest,
indique la dose d'azote à apporter. Il conduit à une fertilisation
azotée en cours de végétation, rendant ainsi l'azote disponible au
moment où la croissance est la plus forte (notamment à l'apparition
du bouton floral). En évitant ainsi les apports au moment du semis,
cette conduite de fertilisation azotée évite les risques de lessivage
provoqué en cas de fortes pluies après le semis.
Héliotest sera disponible dès le début de l'année
2002 et pourra être demandé directement auprès du CETIOM.
2.3. Peu de traitements
phytosanitaires
Des enquêtes réalisées par le CETIOM auprès de producteurs
de tournesol ont permis d'évaluer le nombre de traitements par hectare.
Avec une moyenne de 2,3 traitements, correspondant à 1.800 grammes
de matières actives épandues par hectare, la culture du tournesol
est peu consommatrice de produits.
Pour s'en convaincre, il suffit de la comparer au
blé tendre d'hiver. Ce dernier nécessite 3 à 4 traitements lorsqu'il
est assolé, correspondant à environ 3.000 grammes de matières actives
par hectare. Cette consommation de matière actives est plus de 1,5
fois supérieure à celle du tournesol et elle augmente encore en l'absence
d'assolement. En blé sur blé, un traitement fongicide supplémentaire
est en effet requis.
La majorité des traitements appliqués sur le tournesol
concerne le désherbage ; près de 2 désherbants sont en effet appliqués
en moyenne sur chaque parcelle. Mais de nouvelles techniques, associant
la pratique du binage à des traitements localisés sur la ligne de
semis se développent. Cette méthode, baptisée désherbinage, permet
d'économiser jusqu'à 70 % de matières actives.
Avec le développement des variétés résistantes aux
races A (710) et B (703) de mildiou, le traitement de semence anti-mildiou
disparaît (du moins jusqu'à l'apparition de nouvelles résistances). De plus, grâce à la prise en compte des maladies dans les
programmes de sélection, les traitements fongicides en végétations
sont de plus en plus limités. Même la protection contre le phomopsis
devrait diminuer dans les années à venir avec le développement des
variétés très peu sensibles.
La culture du tournesol présente donc l'avantage
d'être peu gourmande en produits phytosanitaires. Les volumes de matières
actives sont faibles et le nombre de traitements, déjà peu élevé,
va probablement diminuer dans l'avenir.
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Une culture propice à la biodiversité
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Si l'on appréhende la notion de biodiversité au niveau
du génome, de la faune, de la flore et du paysage, la culture du tournesol
contribue à accroître la diversité.
3.1 L'espèce bénéficie
d'une large variabilité génétique
Le tournesol, du genre Helianthus, possède de très
nombreuses espèces sauvages apparentées. Elles constituent d'ailleurs
une précieuse source de diversité génétique exploitable par les sélectionneurs
pour créer de nouvelles variétés. L'INRA de Montpellier a progressivement
mis en place une grande collection d'espèces sauvages : l'une des
plus complète au monde avec celle du Texas et celle de Cordoux en
Espagne.
3.2
La faune
La fleur de tournesol utilise les abeilles pour sa
reproduction et leur permet de produire du miel. Mais bien avant ce
stade, pendant la phase végétative, les feuilles de la plante abritent
une faune extrêmement diversifiée, composée d'insectes ravageurs et
d'auxiliaires participant à leur régulation. Le tournesol ayant été
introduit en France, il n'a pas de ravageur spécifique. C'est un refuge
pour des espèces dont l'essentiel du cycle de développement se fait
sur d'autres plantes. La culture du tournesol est par ailleurs particulièrement
appréciée des oiseaux en automne. Elle offre en effet une réserve
de nourriture disponible à une époque où les autres sources se raréfient.
3.3. La flore
Des études conduites dans le Sud-Ouest montrent que
l'application de désherbants chimiques n'empêche pas l'établissement
d'une flore diversifiée de près d'une centaine d'espèces. Par ailleurs,
l'alternance de cultures de printemps et de cultures d'hiver contribue
à maintenir la diversité de la flore, tout en évitant l'extension
d'adventices nuisibles.
3.4. Les paysages
Le tournesol intervient également dans la diversité
et la beauté des paysages agricoles. La fleur de tournesol est une
éternelle séductrice ; après les peinture de Vincent Van Gogh, elle
reste la vedette de nombreux dépliants touristiques et a également
investi le domaine de l'art floral. Avec l'accroissement du tourisme
rural, la culture du tournesol qui illumine nos campagnes en été,
est largement appréciée des promeneurs et des vacanciers.
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Une culture phare des rotations
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La demande citoyenne actuelle pour une agriculture
diversifiée, réalisée dans le respect de l'environnement, est de plus
en plus prise en compte par les pouvoirs publics et le monde agricole.
Il est vrai que notre l'agriculture fait partie du patrimoine national
et que l'alternance des champs colorés participe au cadre de vie.
Dans ce contexte, le tournesol diversifie et agrémente les paysages.
Mais, ne l'oublions pas, le tournesol est également doté de qualités
agronomiques.
4.1 Une excellente tête
d'assolement
Le rendement d'une culture de blé postérieure à une
culture de tournesol est généralement supérieur de 10 à 20 % à celui
d'un blé sur blé.
Lorsque le tournesol est semé tôt (la première quinzaine
d'avril dans le Centre et le Nord-Est et fin mars à fin avril dans
le Sud-Ouest et l'Ouest Atlantique) il libère les sols à temps pour
préparer les cultures suivantes. Le sol étant peu humide à cette période,
il est particulièrement propice à l'implantation précoce d'une céréale
selon des techniques culturales simplifiées.
L'augmentation du rendement observée chez un blé
assolé est probablement due à plusieurs facteurs :
- En monoculture, les risques d'apparition de piétin échaudage
augmentent ; le " blé sur blé " peut poser de sérieux problèmes
agronomiques.
- La culture du tournesol apporte son aide en brisant le cycle
de développement de certaines maladies spécifiques des céréales
(fusariose, piétin échaudage.).
- La culture du tournesol facilite le désherbage des graminées
qui reste délicat sur une parcelle de céréales. La rotation optimise
ainsi grandement la gestion de la flore adventice et l'alternance
de désherbants, de familles chimiques différentes, limite les risques
d'apparition de mauvaises herbes résistantes.
Plante rustique par excellence, le tournesol est
parfois la seule culture de printemps cultivable dans les sols superficiels
non irrigués. Son maintien dans les rotations est bénéfique car il
évite les conséquences environnementales et agronomiques regrettables
d'une monoculture de blé telles que :
- l'augmentation des apports d'engrais et de produits phytosanitaires,
- la baisse de la biodiversité.
4.2
Une culture propice à l'organisation des travaux agricoles
La culture du tournesol est généralement appréciée
de l'agriculteur, car c'est une plante facile et peu coûteuse à produire.
Son itinéraire technique ne nécessite qu'un nombre limité d'interventions
qui restent concentrées au moment du semis. Elle n'entraîne pas non
plus d'investissements en matériel spécifique.
Le tournesol permet donc une bonne répartition des
charges de travail sur l'exploitation, car il est semé avant les autres
cultures de printemps (telles que le maïs, le soja et le sorgho) et
bénéficie d'une certaine souplesse quant à la date de semis. Il est
de plus récolté en septembre avant les autres cultures de printemps.
Les travaux de récolte n'interférent donc pas avec la récolte des
céréales d'hiver. Ils donnent ainsi l'occasion d'amortir la moissonneuse-batteuse.
Le tournesol contribue également à faciliter la gestion
de la trésorerie. Les acomptes prévisionnels, étant versés relativement
tôt, la trésorerie n'est mobilisée que sur une courte période.
Dans certaines terres, la culture du tournesol est
souvent indispensable. Elle permet en effet de diversifier les rotations
et d'éviter la monoculture. Elle contribue ainsi a une agriculture
raisonnée alliant performance et respect de l'environnement.
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