Accueil » Maïs grain » Les dossiers

Mieux connaître le Maïs Blanc

Les débouchés du maïs grain sont nombreux et se répartissent entre l’alimentation animale, l’amidonnerie et la semoulerie. Cependant, le marché a tendance à se segmenter, notamment par l’emploi de maïs spéciaux destinés à des besoins particuliers.

Principal type de maïs produit dans les pays en développement, le maïs blanc fait partie, en France, des marchés de niche en répondant à des débouchés spécifiques. Aujourd’hui, Maïsadour Semences propose quatre variétés élites en maïs blanc : Neblo, Capsir, Biancama et Arrius.


  Les spécificités du maïs blanc

    Qu'est-ce que le maïs blanc ?

Epi de maïs blancBiologiquement et génétiquement, les maïs blancs et les maïs jaunes sont très similaires. Le maïs blanc se caractérise par un grain sans pigmentation dont la teneur en carotène et en xanthophylles est plus faible que celle des maïs standards : de 1 à 2 ppm contre 19 à 32 ppm. Dans une large mesure, les conditions de production de ces deux catégories de maïs sont les mêmes, ainsi que les méthodes culturales mises en oeuvre. Par contre, les débouchés diffèrent.

En effet, la faible pigmentation de l’amidon issu du maïs blanc, permet de lui trouver des utilisations spécifiques comme la fabrication d’amidons spéciaux destinés à l’enrobage des comprimés de couleur blanche (aspirine…). Cela évite un retraitement de neutralisation de la couleur nécessaire avec des maïs jaunes. C’est donc un colorant blanc naturel. Mais le maïs blanc est également utilisé pour l’obtention du foie gras blanc par gavage et dans l’alimentation des poulets blancs, de Bresse en particulier. Le maïs blanc possède par contre le désavantage d’être difficile à transformer.

    Obtention d'un maïs blanc

Sur le marché français, les maïs blancs sont des hybrides simples. Les hybrides simples sont issus du croisement entre 2 lignées pures A et B. Ces deux lignées pures, stables ont été obtenues par autofécondation au sein d’une population choisie pour un caractère donné. Pour créer des hybrides, il suffit de croiser entre elles ces différentes lignées : les semences obtenues donnent des plantes plus vigoureuses et plus productives en vertu d’un principe scientifique appelé hétérosis (vigueur hybride).

Les populations peuvent être d’origine africaine ou chinoise mais elles présentent des caractères de tardiveté, de sensibilité aux maladies ou encore de photopériode qu’il faut adapter à notre latitude.

Un maïs blanc peut alors s’obtenir de deux manières :

  • soit par sélection à partir d’une lignée blanche comme c’est le cas pour Neblo et Capsir.

  • soit par conversion à partir d'un maïs standard jaune comme ce fut le cas de Panama blanc. La réussite de la conversion de Panama en Panama blanc par les chercheurs de Maïsadour Semences a constitué une première pour un semencier. Le génome des deux variétés est identique à l'exception des caractères couleur des grains et couleur de la rafle. La valeur agronomique est donc préservée.

  Le marché du maïs blanc

     La production mondiale

On estime que la production mondiale de maïs blanc se stitue entre 65 et 70 millions de tonnes par an, soit 12 à 13 % de la production totale de maïs (tous types confondus). Plus de 90 % du maïs blanc est produit dans les pays en voie de développement où il représente 1/4 de la production totale du maïs et un peu moins des 2/5 des superficies totales ensemencées. Il est presque exclusivement cultivé pour la consommation humaine et son importance est considérable pour la nutrition et la sécurité alimentaire.

A propos des rendements :

Dans les pays en voie de développement, les rendements oscillent entre 0,9 et 2,4 t/ha. Dans les zones tempérées du monde où le maïs blanc est cultivé, comme aux Etats-Unis ou en Europe, les rendements se rapprochent de ceux des hybrides de maïs jaunes mais restent inférieurs à ces derniers.

C’est en Afrique que la part de maïs blanc est la plus importante. Plus de 90 % de la production de maïs est consacrée au maïs blanc. Deux autres grandes zones de production de maïs blanc sont l’Amérique centrale où ce type de maïs représente près de 90 % de la production totale de maïs de la région et la partie nord de l’Amérique du Sud. En ce qui concerne les principaux pays producteurs d’Asie, le riz, le blé et le maïs jaune occupent une place plus importante dans la production céréalière totale que le maïs blanc qui est toutefois un aliment de base important dans certaines régions de ces pays. C’est en Afrique que la production de maïs est la plus importante en fournissant 1/3 de la récolte mondiale de maïs blanc. En revanche, le maïs blanc est beaucoup moins présent dans les pays développés. Par exemple aux Etats-Unis, premier producteur mondial de maïs, le maïs blanc représente moins de 1 % de la production intérieure totale et il est surtout produit dans le cadre d’une agriculture contractuelle en raison des débouchés relativement limités et assez spécifiques tout comme en Europe.

     Les échanges internationaux

Les estimations du volume de maïs blanc commercialisé sur le marché international vont de 1,5 à 2 millions de tonnes par an, soit 2 à 3 % du commerce mondial de maïs, tous types confondus. Les cours de maïs blancs sont habituellement légèrement supérieurs à ceux du maïs jaune, bien que les écarts varient considérablement selon la situation générale de l’offre et de la demande.

L’objectif principal de la majorité des pays producteurs de maïs blanc est de satisfaire la demande nationale avec la production intérieure. La plupart du temps, des exportations ont lieu lorsqu’il y a excédent de production dans les années où le climat est favorable et quand les stocks intérieurs dépassent le niveau jugé nécessaire pour assurer la sécurité alimentaire.

Soulignons que la République d’Afrique du Sud, premier fournisseur de maïs blanc sur le marché mondial, est le seul pays qui a pour objectif explicite d’exporter du maïs blanc. Autrefois, le deuxième pays exportateur était le Zimbabwe. Cependant, la stabilisation des débouchés et la rentabilité croissante des cultures de maïs blanc aux Etats-Unis ont semble-t-il modifié la situation en faveur de ce pays. Le marché international, qui est donc essentiellement approvisionné par l’Afrique australe et les Etats-Unis, devrait rester volatil. L’offre dépendra des disponibilités exportables de quelques pays producteurs, et la plupart des pays n'auront recours aux importations que lorsque les disponibilités intérieures seront insuffisantes à cause des mauvaises récoltes.

 

     Le marché européen

En Europe le maïs blanc est principalement produit au Portugal : 20 000 ha semés, en Italie : 20 000 ha et enfin en France : 3 000 ha environ.

En Italie et au Portugal, ce maïs est essentiellement réservé à l’alimentation humaine. Il constitue l'ingrédient principal du broa, pain portugais, et de la polenta, pâte italienne. Une partie en Italie est réservée pour l’amidonnerie et l’industrie pharmaceutique et cosmétique.

En France, où le maïs blanc constitue un marché de niche, les utilisations sont plus diverses. Le maïs blanc est utilisé pour le gavage des palmipèdes dans le Gers, l’alimentation des poulets de Bresse et l’industrie pharmaceutique. Le maïs blanc n’est pris en compte dans aucune statistique en France. Les seules sources d’information sont donc les organismes stockeurs, les amidonniers, les traders et les agriculteurs gaveurs. Cependant, beaucoup ne peuvent faire que des estimations. La difficulté est ensuite de savoir de deux chiffres concordants, s’ils sont le reflet de la réalité ou s’ils sont juste issus d’une source commune. Mais encore faut-il réussir à obtenir les chiffres…


"Marché de niche" : que dit le Mercator ?

Une niche est un sous-ensemble d’un marché qui se caractérise par :

  • Sa taille : l’unité de compte est le million de franc ou, au plus, la dizaine de millions

  • Un potentiel de développement en volume généralement limité, mais les niches peuvent être les prémices de marchés importants

  • Un type particulier de clientèle ayant des attentes spécifiques

  • Des compétences particulières que doivent avoir les firmes qui veulent conquérir des niches. De plus, la technicité des produits, le faible volume du marché potentiel peuvent protéger cette entreprise de l’attaque de grands groupes généralistes

Une niche existe s’il y a existence de véritables barrières à l’entrée protégeant contre la menace de nouveaux entrants. C’est le marché et non l’entreprise qui décide de l’existence d’une niche et de sa pérennité.

     Localisation de la production française

Les ventes de maïs blanc sont localisées dans la région Midi-Pyrénées pour le gavage. Ce sont les variétés de précocité demi-tardives qui sont privilégiées. Les régions plus précoces comme la Charente-Maritime ont tendance à récupérer les contrats pour la production de maïs gavage car le Sud-Ouest n’est pas autosuffisant, mais également pour l’amidonnerie qui recherche un maïs récolté plus sec. Habitués à produire du maïs waxy pour les amidonniers, ces derniers sont équipés de séchoirs adaptés pour garantir une très bonne qualité. Les maïs précoces ont tendance à être valorisés. Les variétés moins tardives trouvent leur marché dans les régions plus précoces, autrefois convoitées par des variétés tardives.

  Une matière première pour l'industrie

  L'amidonnerie

La demande européenne en maïs blanc est de 4 000 t/an. Mais par manque d’information, il n’est pas facile d’évaluer le volume transformé. Le maïs blanc est valorisé en pharmaco-cosmétologie, pour la fabrication de gélules et de dentifrice par exemple. Mais il peut être également utilisé, comme c’est le cas en Italie, pour la fabrication de comprimés et de bonbons.

En fait, les volumes requis correspondent à des besoins précis d’approvisionnement des usines et ceci dans des qualités définies. Des contrats fixent les volumes à produire mais aussi les critères de qualités qu’ils requièrent. Tout doit être traduit dans un cahier des charges auquel agriculteurs et collecteurs se soumettent. Les contrats permettent de garantir l’homogénéité des productions, gage de bons rendements en usine. Cela est d'autant plus important que l’amidon de maïs blanc est difficile à transformer. Le rythme normal de transformation du maïs blanc est de 300 à 350 tonnes par jour (t/j) en fonction de l’industriel, alors que le rythme de transformation d’un maïs jaune peut aller de 600 à 1300 t/j.

Critères de qualité exigés par contrat :

  • La pureté « blanc »
    Elle est analysée visuellement au champ dans un premier temps, puis au moment de à l’arrivée à l’usine. Cette analyse donne une estimation des grains qui expriment le caractère blanc du maïs. En effet, des pollutions polliniques peuvent venir souiller la parcelle de maïs blanc, ce qui induit des épis contenant des grains jaunes. Ce test est réalisé dans les champs pour estimer le nombre de rangs qui ne seront pas valorisés en tant que "blancs" (ce sont les rangs du tour de champ qui sont les plus infectés par les pollens des maïs standards avoisinants). Des mesures d'isolement peuvent permettre au cultivateur de maîtriser ce phénomène. Au niveau de l’industriel, le test permet tout simplement de ne pas payer du maïs de consommation au prix du blanc. Le taux d’impureté maximum est de 2%.

  • La couleur blanche
    La qualité de la couleur blanche est certainement le critère le plus important pour les amidonniers. Ces derniers reprochent souvent aux variétés présentes sur le marché français d’être grises ou crèmes, et non totalement blanches contrairement aux variétés sud-africaines. C’est une des raisons (avec le prix) qui conduisent les amidonniers à se fournir en Afrique du Sud. Une variété de maïs blanc a une teneur en xanthophylles plus faible que les maïs standards, soit 1 à 2ppm contre 19 à 32 ppm. Mais il n’existe pas de test précis et scientifique permettant d'évaluer la qualité de la blancheur du grain de maïs. Seul le test visuel est réalisé.

 

  • Un Promatest supérieur à 30
    Le grain de maïs est constitué de molécules protéiques et d’amylopectines qui forment un réseau. Pour un maïs séché naturellement (à l’air libre sous cribs) ou artificiellement à basse température (90°C), l’amidon et les protéines se séparent presque totalement et le rendement en amidon est excellent. Dans le cas d’un séchage trop poussé, les protéines se coagulent en emprisonnant l’amidon qu’il n’est donc plus possible d’extraire correctement. Cela entraîne des pertes de rendement d’extraction au niveau de l’usine. Les quantités transformées sont petites et le process est précis est délicat (par rapport au traitement d’un maïs consommation). Il est donc important pour l’usine de bénéficier de lots homogènes et de qualité irréprochable. Le Promatest mis au point par l’AGPM est réalisé par tous les amidonniers. Il permet d'évaluer cette qualité à l’arrivée après séchage ramenant le grain à 15% d’humidité. C’est aussi une indication de la qualité du traitement du maïs blanc par l’organisme stockeur (stockage et séchage). Le Promatest doit être au moins égal à 30. Un mauvais résultat peut entraîner des pénalités. 

Absence d'OGM et traçabilité :

Aucune norme n’existe officiellement en ce qui concerne les OGM. Pourtant, le consommateur refuse ces nouveaux produits et exige un étiquetage transparent, afin d'être en mesure d'éviter leur consommation. En conséquence, les amidonniers et presque tous les industriels exigent des lots de maïs comprenant au plus 0,1% de maïs OGM.

Dans ce contexte, la traçabilité dans la filière blanc est poussée au maximum et aucun manquement au cahier des charges n’est permis. Les industriels demandent une preuve systématique durant les audits qu’ils réalisent chez leurs fournisseurs et chez les semenciers.

  La semoulerie

Un débouché portugais :

L’Italie et le Portugal sont de gros consommateurs de maïs blanc pour l’alimentation humaine. Il entre dans la composition des pâtes et du pain. Tout comme l’utilisation pour le gavage en France, cette valorisation présente un caractère culturel. La production de ces pays est destinée à satisfaire la demande intérieure. Ils ne sont amenés à importer que lorsque les disponibilités nationales sont insuffisantes du fait de mauvaises récoltes. Depuis deux ans, le Portugal se trouve dans cette situation à cause de conditions climatiques défavorables. Cela explique en partie pourquoi les ventes de maïs blanc ont augmenté et que des contrats de production entre distributeurs et agriculteurs ont été passés en France. Il s'agit d’anticiper la demande de ces pays déficitaires. Mais cette stratégie est risquée car les pays demandeurs retrouvent rapidement leur autonomie laissant des stocks invendus chez les collecteurs français.

    Demandez votre autocollant gratuite, cliquez ici !

Critères de qualité recherchés par les semouliers :

  • Des grains cornés-dentés
    La semoulerie de maïs transforme la partie vitreuse du grain en semoule. Elle recherche des variétés de maïs corné-denté dont la partie vitreuse est plus importante et qui assure donc de bons rendements en semoule.

  • Un séchage doux : < 90°C
    Des températures excessives de séchage provoquent la migration des lipides du germe vers l’amande, ce qui est préjudiciable à la qualité ultérieure des semoules.

  • Absence de grains anormalement colorés
    La couleur est un facteur essentiel qui aura une importance considérable dans la production de maïs blanc. Les semouliers portugais sont très exigeants à ce niveau considérant que les maïs français ne sont pas assez blancs. Outre le grain, la rafle doit être blanche afin que la poussière ne souille pas la pureté de la farine.

  • Faible taux de brisure et de grains fissurés qui perturbent la mouture.
    Cela est particulièrement important pour obtenir des hominys destinées à la fabrication de corn flakes.

  • Assurance d’un bon état sanitaire des grains : absence de parasites et de moisissures.
    La semoulerie tout comme l’amidonnerie utilise des marchandises qui entrent dans la filière alimentaire.

  • Homogénéité des lots
    C’est un gage de bons rendements en usine.

  • Absence d’OGM
    La matière première intègre la filière alimentaire. Les semouliers doivent répondre aux exigences des consommateurs. Les industriels exigent des lots de maïs comprenant au plus 0,1% de maïs OGM.

  La filière des palmipèdes à foie gras

  Le marché français du foie gras en quelques chiffres  (d'après données OFIVAL, 2003)

Avec environ 17 700 tonnes de foie gras produites en 2002, la France détient 80% de la production mondiale. La Hongrie et la Bulgarie occupent respectivement le deuxième et le troisième rang.

La production française a connu une progression rapide et régulière jusqu'en 2002 (+8% par rapport à 2001) . Cette croissance a été le reflet de la très forte augmentation de la consommation intérieure et, dans une moindre mesure, des débouchés extérieurs. Suite à l'effondrement des prix en 2002, les professionnels de la filière ont mis en place un programme de réduction de l'offre. Ce réajustement devrait permettre de compenser la baisse de la consommation amorcée dès 2001 après deux années d'euphorie festive liée au passage du nouveau millénaire (moins 4% environ en 2002).

Données 2003 non publiéesEn 2002, le foie gras de canard représentait 96% des volumes environ contre 33% en 1980. En vingt ans, la part des foies gras d'oies s'est donc fortement réduite malgré une légère reprise de la production à partir de 2000.

Production de foie gras (tonnes)

  2000 2001 2002*
Canard
Oie
TOTAL
15 150
578
15 017
15 947
580
16 527
16 984
626
17610
* estimations
Source : OFIVAL d'après SCEES



Le Sud Ouest est le bassin tradionnel de production du foie gras. Concurrencé dans les années 90 par de nouveaux bassins de production situés en Bretagne et Pays de Loire, le Sud Ouest a depuis quelques années retrouvé son rang de premier producteur national grâce à l'instauration en 2000 de l'IGP Sud Ouest (70% de la production en 2002).

IGP (Indication Géographique Protégée) : association d'une zone géographique et d'une certification de qualité définie (Label par exemple)

  La place du maïs blanc dans l'alimentation des palmipèdes

Le Gers, une tradition alimentaire maintenue

Le Gers est le bassin traditionnel de la production d’oies grasses comme le démontre le recensement agricole de 1804 qui faisait état d’une production de 140 000 têtes. Ce territoire, disposant d’un patrimoine unique affirme depuis lors sa spécificité.

Autrefois, le gavage des oies mais aussi des canards dans le Sud Ouest était uniquement réalisé avec du maïs blanc. Jusqu’en 1950, le Gers garda sa variété locale "Blanc de Pays". Mais l’introduction des hybrides américains modifia le paysage cultural du Sud Ouest. Le maïs blanc céda la place aux hybrides de maïs jaunes plus productifs et riches en protéines ce qui permettait d'intensifier les élevages. Malgré cette concurrence, le Gers fut le seul département à conserver cette tradition. Il propose ainsi aujourd'hui un produit unique en France.

Une production certifiée. En 1998, l’association de défense de l’oie fermière du Gers a mis en place une certification Label Rouge en réponse à une demande en foies gras et viandes "haut de gamme". Cette action permis de maintenir la production traditionnelle d’oies dans le Gers. En 2000, 35 000 oies ont ainsi été certifiées "gavées au maïs blanc". Le reste des oies du Gers soit environ 130 000 sont gavées au maïs jaune ou blanc, mais ne sont pas certifiées.

Le foie gras blanc est essentiellement produit par les acteurs de la filière courte (production directement commercialisée par le producteur). Le réseau de distribution est alors local et se fait principalement sur les marchés de la région. Cela représente environ 377 ha de maïs blanc ensemencé soit 0,8% de la surface totale destinée au gavage en France (rendement moyen : 70 q/ha, quantité de maïs distribué en moyenne : 16 kg/oie).

A cela s'ajoute environ 1 016 000 canards provenant de la filière longue du Gers qui sont en partie gavés traditionnellement au maïs blanc soit 1450 ha (estimation Chambre d’Agriculture) pour une quantité de maïs distribué en moyenne de 10kg/canard.

Effets d'un gavage au maïs blanc

En France, le foie gras de canard ou d'oie est issu d'une alimentation à base de maïs classique (jaune) ou blanc. Un gavage exclusif au maïs blanc entraîne une coloration blanche du foie et inversement. En revanche, le type de maïs utilisé dans l'alimentation est sans conséquence sur les propriétés organoleptiques du foie gras produit et ce pour les deux espèces (selon une étude de la Chambre d'Agriculture du Gers, 1992).

Une clientèle de connaisseurs mais la filière s'organise

Le foie gras blanc trouve l'essentiel de son marché auprès des acheteurs locaux, les "connaisseurs" habitués et témoins de cette tradition gersoise et soucieux d’obtenir un produit de qualité. Les générations locales plus jeunes et les acheteurs de passage, étrangers au département, sont habitués à acheter du foie gras jaune ou orangé. Leur méconnaissance des origines du foie gras ne leur permet pas d'apprécier ce produit particulier qu'ils trouvent pâle, délavé et peu appétissant.

La production de foie gras blanc est donc très localisée, représente des volumes limités et semble étouffée par la production de foie gras jaune présente sur l'ensemble du territoire et privilégiée par la majorité des consommateurs.

Actuellement, la filière s’efforce de s’organiser et de maintenir cette production originale et traditionnelle de foie gras blanc. Le Label Rouge a été créé dans cette intention. Aujourd’hui, l’Association de Défense de l’Oie du Gers met en place en dossier visant à produire le foie gras d’oie du Gers sous AOC (Appellation d’Origine Contrôlée). Cela permettra de délocaliser la production qui ne se limiterait plus seulement au département du Gers mais qui s’étendrait aux départements limitrophes. L’AOC n’a pas de limite administrative.

  Les critères de qualité à respecter

Les critères agronomiques
Ils sont communs aux producteurs de maïs consommation

  • Le rendement et l'humidité à la récolte
    Ce sont les deux critères principaux. La dépense énergétique du séchoir pour ramener un maïs à 15% d’humidité est moins onéreuse et la qualité du séchage supérieure.

  • Une précocité adapté
    La précocité des variétés retenues doit être adaptée aux unités de chaleur disponibles dans la région de culture afin de produire des plantes vigoureuses, saines et des grains mûrs, c’est à dire bien remplis à la récolte.
    On favorisera dans le Gers des variétés demi-précoces à tardives. En effet, compte-tenu de la petite fenêtre climatique disponible, ces précocités permettront une maturation rapide du grain ce qui augmente les possibilités d'une récolte avec un faible taux d'humidité.  

  • Une bonne tenue de tige
    C’est la capacité de la tige à résister à la casse induite par les conditions climatiques (vents forts essentiellement), les pyrales ou les sésamies.  

  • La résistance à la fusariose
    Cette résistance représente la capacité de la plante à résister aux attaques du genre Fusarium responsable du développement des mycotoxines.




Les critères qualitatifs
Ils sont spécifiques aux éleveurs de canards et d'oies

  • Une teneur élevée en matière sèche
    Elle peut varier de 840 à 890 g/kg (humidité de 11 à 16%). Un écart de 6 points de distribution de matière sèche génère une différence de 50 g de foie.

  • Un poids spécifique élevé
    L’amidon est source de glucide et est directement à l’origine de la synthèse de lipides dans le foie. Le grain doit être de type denté car sa teneur en amidon est plus importante : 764 g/kg pour un denté contre 719 g/kg MS pour un corné denté (source AGPM).

  • Un grain intègre
    Un grain en bon état permet de préserver l'amidon. Le choix variétal doit s'orienter vers des hybrides qui se détachent bien de la rafle et qui résistent à l’action mécanique de la moissonneuse batteuse. Il faut ensuite appliquer un séchage adapté pour éviter la fissuration du grain (ni trop violent, ni trop chaud, <90°C).

  • Une qualité sanitaire irréprochable
    de façon bien évidemment à éviter toute perte de qualité des foies gras produits.

  • Des grains réguliers et de taille homogène
    Le calibrage répartit le grain en fonction de sa taille. Il permet d’identifier le pourcentage de petits grains moins riches en amidon. Cette particularité intéresse principalement le gavage au grain entier et de grandes disparités existent entre les gaveurs en ce qui concerne la taille du grain. En fait, les grains doivent être réguliers et de taille homogène.

  Les difficultés rencontrées par les producteurs éleveurs

Des précocités peu adaptées

Les gaveurs disposent souvent de variétés trop tardives ce qui entraine de mauvaises conditions de récolte et une dégradation de la qualité de l'aliment : grain trop humide (40% d’humidité) et mauvaise tenue de tige. L'arrivée de la variété NEBLO et plus récemment de CAPSIR ont permis de résoudre de nombreuses difficulés. Elle répond aujourd'hui parfaitement aux attentes des producteurs notamment sur les critères agronomiques : une très bonne rusticité avec une bonne vigueur au départ, une excellente tenue de tige avant la récolte et et des rendements convenables.

Un séchage non maîtrisé

Face à des éleveurs trop exigents, les organismes stockeurs refusent désormais de prendre en charge les récoltes de maïs blanc destinées au gavage et produites en dehors d'un relation contractuelle. Au-delà des critères qualitatifs cités précédemment, les éleveurs, plus confiants dans leur propore production que dans celle de leur voisin, demandent une séparation totale des lots et une parfaite traçabilité ce qui engendre des surcoûts importants. Ainsi, dans le cas de producteurs-éleveurs, le séchage n’est pas suffisamment maîtrisé : trop fort : entre 90 et 120 °C et une période de préstockage trop longue par manque de disponibilité du matériel adéquat (séchoir mobile).

Un stockage aléatoire

Les gaveurs ne sont pas tous équipés de cellules couvertes. Beaucoup d’entre eux disposent encore du séchoir en crib. Ce mode de conservation, par nature aléatoire, comporte des risques de dégradation de la qualité sanitaire. Le maïs n’étant pas couvert, il est exposé au développement des champignons producteurs de toxines.

Des efforts restent donc à réaliser au niveau de la filière gavage, en particulier pour le maïs blanc qui n’a pas connu la même évolution que les maïs jaunes.

  L'alimentation des poulets de Bresse

  Caractéristiques

Le Poulet de Bresse est un produit d’Appellation d’Origine Contrôlée (AOC) qui se caractérise par une chair tendre de couleur blanche. Cette coloration très particulière est obtenue par l’ingestion de maïs blanc qui représente la principale céréale de la ration alimentaire des poulets soit environ 80% de sa ration.
L’AOC définie la zone géographique, la race et les conditions d’élevage. Cependant l’éleveur reste libre dans l’élaboration de la composition de la ration alimentaire. De grandes disparités existent donc entre les élevages.

  La part de maïs blanc concerné

La production des poulets de Bresse est bien stabilisée et ne connaît pas de progression particulière.
Le maïs blanc est utilisé dans l’alimentation de 20 000 chapons et 40 000 poulardes. Il représente environ 80% de la ration journalière du poulet, ce qui représente une ingestion de 22 kg de maïs blanc au cours de la durée totale de l’élevage. Cette moyenne est une approximation peu fiable dans la mesure certains éleveurs utilisent aussi du maïs jaune.

On peut évaluer la surface à 190 ha pour un rendement moyen à 70q/ha.

  Les besoins du marché

La sélection des hybrides blancs n’a pas connu la même évolution que celle des maïs jaunes.
La difficulté rencontrée actuellement par les éleveurs est le manque de teneur en protéines dans un maïs blanc comparativement à un maïs jaune. Ce manquement est compensé par l’apport de blé en plus grande proportion dans la ration.

Les autres critères de qualité sont proches de ceux des éleveurs gaveurs :

  • Une teneur en protéines plus importante
  • Une humidité à la récolte la plus faible possible afin de limiter le taux de fissuration au séchage
  • Un séchage doux inférieur à 90°C. Aujourd’hui, les agriculteurs recherchent des intermédiaires capables de stocker leur maïs et surtout de le sécher à de basses températures. Ils ne le stockent plus auprès des organismes stockeurs classiques car ces derniers sèchent à de fortes températures. L'analyse Promatest n'est pas encore pratiquée mais cela ne saurait tarder.
  • Absence d'OGM
  • Une teneur en mycotoxines très faible (cette teneur a tendance à augmenter lors du séchage en cribs). A l’air libre, ces maïs sont au contact des intempéries ce qui peut entraîner le développement des toxines sur le grain.



© Maïsadour Semences 1999-2014 | Mise à jour le 31 juillet, 2009 | Mentions légales
Actualités et Evènements | Nous contacter | Site Groupe MAS Retour site groupe