Lutte contre l'helminthosporioseLe point sur l'helminthosporioseL’helminthosporiose fusiforme (dite commune), due à l’agent pathogène Helminthosporium turcicum, est connue dans le Sud Ouest de la France depuis 1960. Depuis une dizaine d'années, on constate une progression très rapide de l’helminthosporiose des zones tardives de culture du maïs vers les zones plus précoces. Après une évolution vers les zones 1/2 précoces notamment en Vendée et en Deux-Sèvres et Alsace, surtout sur les maïs grains irrigués, c'est la Bretagne qui a été assez largement touchée en 2007. La progression de la maladie observée depuis quelques années et le risque important d’attaque sur certaines zones pour 2009, nous incite à partager avec vous nos connaissances actuelles sur ce pathogène et les stratégies mises en place pour limiter son développement. La sélection variétale apparaît comme le levier le plus performant pour lutter efficacement contre cette maladie. |
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Le cycle de
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Facteur favorables au développement de l'helminthosporioseLes conditions climatiques, durant le printemps voire le début de l’été, vont conditionner la germination des spores d’helminthosporium présentes dans les résidus de culture ainsi que le risque de développement de la maladie. Les conditions culturales peuvent également expliquer ce développement : • de fortes attaques l’année précédente : elles sont associées à un risque fort de contamination pour l’année suivante, • la monoculture de variétés sensibles : elle favorise l’installation durable du champignon dans les parcelles, • la fréquence élevée des irrigations sous pivot :
elle maintient des conditions d’humidité élevées, favorables à la sporulation (donc à la contamination • le maintien de débris végétaux en surface par un broyage et un enfouissement incomplet : il constitue un réservoir d’inoculum pour la culture suivante, • les techniques culturales sans labour et les semis directs. Conséquences économiquesLes pertes de rendement peuvent atteindre : Les pertes seront d’autant plus importantes que les attaques seront précoces. |

Entre 1994 et 2007, on observe une remontée vers les zones nord, de la côte atlantique jusqu’en Bretagne, et une progression vers l’Est. La contamination des zones touchées par l'helminthosporiose est en partie attribuée à la monoculture des variétés sensibles et au non respect des techniques culturales de base.
Aussi, l'évolution de la maladie qui s'adapte aux conditions climatiques et aux améliorations génétiques, reste préoccupante.
• Broyage fin des résidus de culture et labour (enfouissement des débris à l’automne) ce qui réduit considérablement la survie des clamydospores. Cette technique aura aussi pour but de lutter efficacement contre les fusarioses sur épis. • Le recours à la lutte chimique est possible et des produits de la famille des strobilurine ou des triazoles peuvent être utilisés lors de forte pression, soit en préventif, soit en curatif. Mais ces traitements n’ont qu’une efficacité de 80 % dans le meilleur des cas et n’évitent pas le redémarrage du champignon au bout d’une dizaine de jours.
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L'interview
Depuis quand avez-vous intégré la tolérance à l’helminthosporiose dans vos critères de sélection ?La tolérance à l’helminthosporiose a été prise en considération très tôt chez Maïsadour Semences. Ceci est surtout lié au fait qu’une partie de nos pépinières de recherche est implantée près de Mont-de-Marsan et que nous avons été confrontés très tôt à la problématique helminthosporiose dans le sud-ouest (départ historique des foyers). Cette situation géographique nous a amenés très rapidement à trier notre matériel denté face à cette maladie. Mais avec l’évolution de la maladie vers l’est et le nord-ouest, en 2000 nous avons été confrontés à d’autres problématiques : A l’origine, il n’y avait qu’une seule race : la race 0. Mais les races 1, 2 ont été identifiées ces dernières années. Des études réalisées dans différents pays rapportent l’existence de très nombreuses races d’Helminthosporium turcicum : 0, 1, 2 , 3, N, 12, 2N, 23N…
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Races d'Helminthosporium turcicum et gènes de résistances assortis dans le maïs Quels sont vos axes de recherche ?Dans un premier temps, nous avons travaillé sur des résistances monogéniques. Les gènes Ht1 et Ht2, trouvés sur des populations de pop corn et sur des lignées sélectionnées aux États Unis, nous ont permis de maîtriser certaines races d’helmintho assez rapidement. Mais en expérimentant nos hybrides sur différents lieux européens, exposés à différentes races d’helminthosporiose turcicum, nous avons pu constater que certaines souches pouvaient contourner le gène de résistance. Depuis 2000, nous avons opté pour une sélection polygénique, en travaillant sur différentes sources de lignées tolérantes connues (MO17, GE440, …) qui apportent une tolérance globale à Helminthsporium turcicum, quelles que soient les races. Dans ce travail, nous sommes aidés et orientés par le laboratoire biotechnologique de Mont de Marsan et par les techniques de sélection assistée par marqueurs. Dans le même temps, nous avons étendu nos sites de testage des hybrides dans les zones à risque au niveau européen. C’est ainsi que toutes nos lignées élites et nos hybrides sont testés dans le sud-ouest, dans le sud de l’Allemagne, dans l’est de la France et dans le Finistère. Des notations et des courbes d’évolution de maladie de chaque génétique sont réalisées chaque année pour apprécier la qualité et le comportement de nos hybrides faces à l’helminthosporiose. Ce travail nous a permis de sélectionner des variétés auxquelles ont attribue le label : HT+. Dans cette liste on trouve des variétés très précoces à très tardives comme par exemple : AMELIOR, Mas 18.C, CANON, DIOR, POLLEN, CULTURA, Mas 53.B et ALPAGA… |
