Traditionnel rendez-vous lors des Agroforum, la table-ronde organisée le 30 août, sur le site de Saint Maurice de Gourdans a rassemblé quatre intervenants de choix : Michel Lucas, agriculteur membre de l’Institut de l’agriculture durable ; Jacques Plantey, membre de l’Agence française pour l’eau, l’irrigation et le drainage et deux directeurs scientifiques, Bernard Ambollet, pour Bayer CropScience et Joël Meunier, pour Maïsadour Semences.
Tous les intervenants ont insisté sur la dimension économique et sociale de l’agriculture durable, trop souvent abordée sous le seul angle de l’environnement. La nécessité de produire davantage a également fait consensus.
Retrouvez ci-dessous l'essentiel des échanges.
Une vision globale des ressources en eauJacques PLANTEY, a illustré l’urgence d’une vision globale des ressources en eau avec une carte du monde où apparaissent clairement les zones de tension d’approvisionnement en eau, qui sont aussi celles où la population croît le plus rapidement. Les surfaces disponibles, loin d’être extensibles, sont partout grignotées par l’urbanisation, a-t-il rappelé. L’intrant "matière grise"L’agriculture, particulièrement en France, conjugue déjà très largement économie et environnement. Pourtant, et plusieurs questions de la salle en ont témoigné, le grand public semble ne pas percevoir les efforts entrepris. Bernard Ambollet (Bayer Cropscience) a insisté sur la manière de présenter l’utilisation des produits phytosanitaires : comme des moyens de préserver le potentiel des productions, et non comme une manière de doper au maximum les rendements. A son tour, Michel Lucas, qui conduit en Gaec une ferme de 173 ha dans le bocage vendéen, dont 40 hectares de maïs ensilage et grain, a passionné l'auditoire. Une conduite où l’intrant matière grise a largement contribué à diminuer les apports d’engrais, des phytosanitaires, d’eau et d’énergie. La réflexion s’appuie sur le recyclage du maximum d’éléments. Et pas seulement, classiquement, des fumiers produits sur l’exploitation (même si une unité de méthanisation est à l’étude), mais aussi de la photosynthèse et du CO2, avec une couverture des sols toute l’année, des semis directs sous couverture ou encore l’utilisation de bois raméal fragmenté pour augmenter progressivement la matière organique du sol. Cette dernière idée a séduit, en témoignent plusieurs questions sur la difficulté à se fournir à bon prix ce type de broyat ! Valoriser au mieux le potentiel des variétésLes apports de la génétique ont été développés par Joël Meunier, qui a insisté sur l’importance, pour les agriculteurs, de valoriser au mieux le potentiel des variétés mises à leur disposition. Les firmes semencières ou phytosanitaires, et les conseillers de la distribution sont très largement impliqués dans la diffusion de l’innovation et des outils d’aide à la décision qui permettent d’en tirer le meilleur profit, en affinant la réflexion sur les interventions culturales. Bernard Ambollet et Michel Lucas poursuivent le débat ! Jacques Plantey, qui a participé au Forum mondial sur l’eau, insiste sur la nécessité de sécuriser les apports en quantité et en qualité de l’eau. Les mentalités évoluent : pour la première fois, à l’occasion de ce Forum Mondial on s’est préoccupé de la relation de l’eau avec l’agriculture. Jusqu’alors l’eau n’était observée que dans sa relation avec les villes. La sécurité alimentaire ne peut s’envisager sans intégrer la ressource en eau. Et en plus l’irrigation peut avoir un impact positif sur l’environnement, car elle permet de mieux gérer le positionnement des engrais et pesticides, contrairement au cycle pluvial aléatoire. Profil cultural : la pluie n’a en rien freiné l’intérêt des maïsiculteurs de l’Ain.
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